Je ne peux identifier une date précise, ni même une année. En fait, ce côté obscur de la femme en moi me surprenait déjà, par période au début de l'adolescence. Souvent, c'était mon reflet dans la glace, la naissance de mes seins, le doré de ma peau qui créait cette chimie cérébrale. Si j'avais su ce que je sais aujourd'hui, ses effleurements se seraient rayonnant autour de mon hémisphère animal, plus diversifié que permis par le missionnaire. Je ne sais pourquoi 16h35 devint mon moment d'appréciation, de rétrospection, d'amour même. Ma Timex indique pourtant toujours 16h35 au départ, 16h50 à l'arrivée. Heureusement le parcours change quotidiennement maintenant! Cessez la torture, j'avoue la vérité. Dans mes souvenirs à court terme, il y a ses courriels scrutateurs, puis ceux découvreurs. J'ai joué, mes mots combinés aux siens se firent brûlant, me fallait me consumer avant de mettre mon tablier.
Puis j'ai osé, l'ai invité à me guider par sa voix, par ses fantasmes de moi. Certains jours, il devait demeurer silencieux, entourer des consoeurs de travail à l'oreille trop tendue. Malgré son absence vocale, sa respiration trahissait son âme repue par mes gémissements entrecoupé d'une énumération rauque des mouvements tactiles qui parcouraient mon cou, qui contournaient mes petits monts pour descendre vers la rivière sortie de son lit depuis le premier café, tout au fond de ma vallée secrète. Je soulageais cette douleur au creux de mes reins. Ce quinze minutes devenait trop aisée, imaginant ses doigts se réchauffer de ma source, qui gonflait mon ballon jusqu'à l'explosion pour se cacher rapidement dans mon couloir, le parcourant de long en large, à la recherche du détonateur. Je me plaisais, par une respiration profonde à éviter la catastrophe tant désirée pour de nouveau requérir ces travailleurs trapus sur mon ballon, le souffler de cet hélium qui vous fait tourner les globes oculaires, qui gèle le cerveau d'un frimas bouillonnant. Dans le récepteur je leur criaient de retourner se mettre à l'abri et de bien agripper les murs dans la contraction. Cette contraction qui magiquement me permettait d'ouvrir les yeux et de foncer à la garderie, la tête légère, le corps réchauffé.
Insatiable, dès mon réveil, comme en attente de ma dose quotidienne, je n'avais de concentration que pour m'évader de ma prison pour retrouver le beige de mon bureau. Leurs couleurs variaient quotidiennement, selon nos hauts et nos bas professionnels, les nouveautés renaissant nos vies et nos réalités détruisant nos rêves, joignant trop souvent amour et haine dans une seule phrase. Ma peau se confessa accroc de ses caresses. Ma santé criait maintenant un besoin de sa chaleur, de ses bras pour la balancer, je voulait être réchauffé par sa présence. Mais notre amour avait disparu, ayant été grugé par les remords naissant des rumeurs et les cauchemars concrétisé dans notre réalité. Ses mots crus se convertissaient en déclaration mordante. Ma confiance, mon sex appeal explosait pendant les formations alors que ses yeux taquins complétaient mes phrases si techniques.
Comme pour ne pas m'avouer vaincu, comme pour ne pas concéder la victoire à la routine du quotidien, le signal se fait encore répétitivement entendre alors que le soleil caresse l'horizon de ses chauds rayons. Mon lit par opposition se refroidi à chaque mois qui passent. J'ai besoin de stimulation et j'ai toujours ce coup au bas du ventre retentissant aussitôt le pas de la porte franchi. Je me fais parfois soumise, parfois agressive, toujours intime à mon plaisir. Mais encore aujourd'hui, le souffle court, le bas ventre vidé, la tête embrumée, je tend l'oreille pour entendre son merci qui lui ne vient plus. Pourtant encore cet hiver, malgré que nous ne sommes qu'en février, je voudrais tant étirer le bras pour masser ses doigts couvert de moi et l'embrasser avant qu'il enfourche sa moto et me quitte en trombe, pour mieux revenir désamorcer ma bombe.









