Alors quand je l'ai rencontré, que de par sa sagesse j'ai compris qu'il avait son passeport de l'Expo 67, j'ai senti une chaleur envahir mon bas ventre. J'ai bien tenté de ne pas jouer de ma séduction mais l'altruisme pur n'est pas de ce monde. Je voulais toujours en savoir plus sur lui, sur sa vie passé, sur sa réalité présente, sur ses envies. Je ne voulais pas assumer que ma jeunesse serait l'arme qui l'achèverait. Son petit mot m'annonçant qu'il avait lui aussi ce feu à l'entre-jambe, qu'il voulait toucher son rêve déclencha la femme en moi.

Chaque nuit, je me mis donc à rêver à me laisser délier sous ses doigts expérimentés. Mon corps s'allongeait déjà sous ses yeux ayant déjà vu vieillir. J'imaginais lui confier une nouvelle destinée charnelle pour ma chatte, comme si de lui, s'il m'apprendra, s'il me traitera en reine. Comme si, au contraire, il me prendra avec romance, sans que j'ai à levé le petit doigt. C'est bien ce qu'on imagine, non, en regardant ces hommes mature?
Curieusement, mon rêve se réalisa dans toute sa douceur. Dès que j'ai étendu mes bras autour de son cou, mon corps se fondit au sien. Je lui offrit mon décolleté, lui laisser le plaisir de découvrir du bout de ses doigts ma lingerie colorée, jeune et fougueuse. Il laissa doucement sa langue descendre, s'agenouillant, offrant allégeance à moi, la femme, plus la jeune, pas la mature, celle entre deux eaux. Comme dans mes espérances, il de souhaitait que me combler, que me découvrir, pour ensuite m'épuiser dans mes cris, sous mes hurlements. Alors que je reposais nu sur le lit, la rondeur de mes seins offert à ses mains, la saveur de ma chatte à sa bouche, mon corps s'arqua sous l'orgasme redécouvert, celui offert sans n'attendre autre que mon appréciation.
Oh, bien sûr qu'il attendait en retour, seulement patientant en silence que je retrouve mes esprits, que cette afflux sanguin me transforme en amazone du sexe, que je le plaque au mur, que je déchire ses vêtements, que je ballade mes mains sur son corps ayant traversé plusieurs hiver de plus que ceux qui ont toujours meublé mon lit. Alors qu'ayant bien rassasié ma faim pour son sexe, qu'à quatre pattes je lui offrait mon entrée luisante, je l'entendis soupirer du printemps s'offrant à lui, enivré par ses plaisirs tabous si souvent refusé par la jante féminine m'ayant précédée.
La pénétration, cette fusion des sexes, il me la refusa. Pas ainsi, pas comme ceci, ayant compris le fantasme se déroulant, celui où de tenir le rôle principal subordonnait ses envies. Il m'étendit alors, sous la couette, sur ses plumes, sa pupille cherchant le bon moment, celui où la magie se ferait et, doucement , s'insinua en moi, faisant rouler mes yeux, renverser ma tête, tendre mon corps sous le sien. J'inspirai, retenu mon souffle un instant, puis expirai mon bas ventre comme une seconde naissance sexuelle, un second premier orgasme.
Au fond des ses bras, j'ai autorisé mon corps à céder au sommeil, lui accordant congé de rêver à lui, lui qui veille, sourire aux lèvres.



13 commentaires:
Merveilleux texte que voilà. Et une chance que tu sais comment utiliser les ponctuations, ce serait l'asphyxie sinon... ouf
Vive les petits vieux !
Humm, je vais aller roder autour du Cégep, des fois que...
Excellent texte bien écrit, Julie, si il découle de la réalité je te dis WOW! CHANCEUSE!
Sinon, Je te dis WOW! quand même.
À quel age qu'on commence à être mature dans ton livre J-Julie ? Dis moi vite j'men peu pus moé là
Julie !
Stik que j'aime ça quand tu laisses aller ta plume !
Grrrrrrrrrrr
Mature, mature...
De quoi donner le goût de vieillir un peu plus vite, ton superbe billet.
Mais, à mon âge, je me vois plutôt mature...
Maturité de l'âme ou du corps uniquement?
J'aime beaucoup les contrastes.
Très beau texte.
Pkoi tu me fais ça au travail ma maususse...je risque de finir dans ton bureau pour jaser tsé...Très beau texte Ju !! I wish que je pourrais écrire comme ça ou encore mieux le vivre...
Bonne après midi :-)
Tu viens de faire ma journée.
Il y a le talent, bien sûr,il est manifeste dans tout ce que tu écris. Et puis il y a le fantasme, celui qu'on a tous, à un âge d'homme mur et créatif, de chavirer et d'être chaviré par une femme à l'imaginaire de son époque.
Mon passeport de l'Expo67, même si j'y étais encore un ti-cul, vient de devenir un accessoire quasi érotique.
On a beau savoir que ce genre d'émoi est improbable même s'il est tendance, de le lire incarné de si tendrement lyrique manière est un plaisir charmant.
Merci.
Bugs, aphyxie.. ça pourrait meubler mon prochain fantasme ça, humm. Content que tu ais apprécié mon billet :)
OPis? Na, tu trouveras pas, faut trouver une FEMME.. Autour de l'UQO, mardi soir, t'as plus de chance ;)
Do, Merci! J'ai toujours eu assez de chance coté amour ;)
Hak,âge euh.. c'est dans l'expérience de vie, l'aisance sociale, la carrière assumée, le look physique personnalisé et surtout l'assurance en lui que je détermine si l'âge réel est mature.
Tigron, Grrrrr, tu as l'âge même si tu ne l'as pas écris ici si je ne me trompe pas..
Contente que tu ais apprécié :)
Pkoi Moi? Faut pas dire vieillir, faut dire acquérir de l'expérience de vie..
Contente que mon billet encourage ta fierté d'être un homme mature ;)
ABlues, contrastes, ou ça??? héhé, j'y suis trop habitué aux contrastes de l'âme, aux extrêmes du corps.
Merci ;)
Michou, l'écrire, le vivre,l'écrire pour le vivre, le vivre pour l'écrire, et hop plus personne ne sait le fantasme de la vérité!! Bon, back à ton dossier, des fois qu'il t'inspirerait pour un premier texte. Merci :) xx
Bonjour Marc. Je voudrais bien toucher de mes doigts un passeport de l'Expo67 et sentir ses estampes.
Improbable? Bah, si tu as lu si haut, tu n'as surement plus cette opinion ;)
Contente que tu ais apprécié toi aussi :)
Ouf, fa chaud, dit-il
Martin,
Approche, j'ai froid, dit-elle
Est-ce que pour toi la maturité se mesure en années? J'ai une certaine maturité, mais peu d'années...
Très inspirant ce texte...
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