Puisque c'est le moment de l'année qui nous fait enfiler notre plus beau kit tout en rêvassant qu'on pourrait être infidèle avec notre assistante si on perdait la tête suite à une consommation exagérée de mix classique.
Merci Sara pour le fil de l'infidélité, Merci L-P, Lyne, Swan, Martin et ceux que j'oubli, je m'en excuse, pour avoir écrit, publié, offert “votre” party de noël.
Gin? Rhum? Perrier? Le bar est ouvert, prenez un tabouret et laissez ce fonctionnaire, votre voisin ce soir, vous raconter son party de noël.
Musique d'ambiance, pour la lecture...
Jeudi 4 décembre, depuis 3 semaines déjà que je pensais à cette soirée. Depuis 3 mois qu'elle partage mes journées entières, parfois à mon bureau, souvent au sien plus discret, toujours à répondre à mes moindres demandes enrobée son sourire épanoui. Elle est une femme, chaleureuse, attentionnée, passionnée, aimée par un autre, le chanceux..
Cette année, pour la fête, je serai ce chanceux. C'est moi qui la contemplerai dans ses plus beaux vêtements en premier, avant de quitter le bureau. C'est moi qui la conduirai au pas du tapis blanc enneigé de ce pub rue Elgin. C'est moi qui éblouirai la foule en lui retirant son manteau. C'est moi qui me retrouvis seul, alors qu'elle se fit offrir son premier verre par ce directeur.
Entouré de mes copains, les petits nouveaux comme moi, je me suis jeté dans les ailes de poulet alors qu'elle volait de l'un à l'autre, leur offrant son sourire, parfois en anglant légèrement la tête, presque toujours accompagné par sa main frôlant le bras de son interlocuteur. À chaque frôlement je frissonne de jalousie, d'envie, d'anticipation de cette fin de soirée. Je sais qu'elle reviendra vers moi, son protégé, son confident.
La bouffe, je m'y défonce et réalise tout à coup qu'elle m'observe. Elle y touche à peine, quelques bouchées s'engouffrent discrètement entre ses lèvres, au fond de sa gorge. Mmmm moi aussi je veux y glisser. Son haleine est fraîche du cinquième gin tonic qu'on lui offre. Le prochain sera de moi, un cosmopolitain, rien de moins. Bon, je vais aller voir si je suis toujours un petit garçon et la conquiert d'un cocktail infallible ensuite.
Inévitablement, seul devant mon trou, je me questionne sur ma fidélité du coup, revoyant son dos alors qu'elle l'arque langoureusement devant les anecdotes les plus mal racontées du village. Je pourrais m'avancer discrètement, l'humidifer de la coupe à martini pour y sentir apparaître frissons, chaire de poule. Je pourrais aussi y promener mes lèvres.. lèvres infidèles qu'elle deviendront. Zip, non un petit rinçage avant pendant que je suis seul. Je suis un bon gars moi! Si jamais elle s'y aventurait pour me remercier de la reconduire à lui, le chanceux qui l'aime.
Les vieux quittent alors qu'elle se trémousse sur le plancher de danse avec copines, les joues rougies par l'alcool et l'air froid alors qu'elle m'accompagne dehors pour ma cigarette. Le jeu devient intime dehors, je deviens son patron l'espace de quelques minutes. Elle joue, elle me l'accorde, me l'offre avec son regard vicieux. Je les reconnais ceux-là, ceux qu'elle arbore alors qu'elle croque, suce et vide ses tomates de leur chair. Le midi, je pourrais soulever la table de mon érection, là je pourrais déplacer une montagne. Je déteste les planchers de danse, je suis un vrai mec, alors je rejoins un confrère dans la même attente que moi. Hé hé, on se croit plus fort que l'infidélité quand on sait qu'on ne sera pas le seul à faire la statistique du party de bureau! Lui et moi, on est invincible ce soir, soyez averties les petites mamans, baisables que vous êtes toutes les deux! On dirait qu'elles ont senti nos désirs, les voici. Ça l'air que l'on décolle, direction stationnement, au sens propre pour l'instant.
Notre couple complice nous abandonne, une ruelle étant sur le chemin. Je tente la première base, elle me fait glisser à la deuxième. J'ai pu de blonde, c'est moi qui l'aime. Ma voiture sport est une limousine, nos vêtements ne sont qu'accessoires avec nos corps qui embrument les vitres et nos limites. On file à vive allure dans ce stationnement noir. On saute les bornes, on saute la clôture, je la saute. Elle est chaude, douce, consentente, vorace, et finalement, aaarrgg, salope ggrrrrmm. Pas de témoin, pas de tache sur le tissus, juste une odeur enivrante, celle de la luxure, ma luxure, ma folie.
Alors que ma blonde endormie s'engouffrait dans la voiture froide ce vendredi matin, que les vitres intérieures y étaient gelées, mon coeur battait la chamade de la retrouver avec un café frais moulu. J'y déposerai un baiser dans son cou tout en caressant sa hanche. À ce moment précis, j'ai réalisé qu'elle n'était pas une folie mais une passion sans fin, cette passion qu'on devrait tous toucher dans notre quotidien avec la personne aimée. Depuis des semaines je félicitais le macho, l'homme dans le miroir, celui qui par son code génétique se voyait accorder le droit de bambocher est mort à ce moment. Elle a volé mon coeur cette nuit et c'est le sien qui sera mon otage pour la vie. Ce fût ma résolution du nouvel an.
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6 commentaires:
La passion qui fait débattre le coeur. On espère toujours qu'elle ne s'éteigne pas. C'est quand on flanche qu'on semble l'éteindre peu à peu.
Mouais, faire notre sortie de Noël à 10h pour un brunch devrait pas mal loin de l'ambiance de ton texte.
Lyne, exact, la passion, les hauts et les bas, l'amour-haine. Mais j'ai plus l'énergie, je vide ici et abandonne cette bête. La forêt en est bien remplie, non?
Opis? Brunch.. Casino? Hilton? Piscine extérieure chauffée; la vapeur qui brouille les têtes; plaisir privé offert au soleil d'hiver. Spa? Ovale, entouré d'arbuste, très discret pour profiter des jets.
Alors, ais-je réussi à rendre ton image du brunch plus excitant?
Heu, y'a un spa Chez Cora? Une piscine peut-être?
Cora... Ce sont des banquettes, les mains peuvent se faire balladeuses sous la tablequi assure discrétion. Suffit de choisir son partenaire de gauche, si tu es droitier, ainsi tu peux manger tout en jouant de ton doigté sous une jupe légèrement relevée...
(Bonne reprise ou si c'est une cause perdue?)
J'y pense.. le brunch au Banco est 10 fois mieux que chez Cora, à un prix semblable et le lieu bien plus à la fête. Faut croire qu'il y a des amateurs de café fade dans ta salle...
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