18h, il va arriver d'une minute à l'autre. J'ai presque terminé la préparation du repas. Suite à notre conversation houleuse d'hier, je lui ai cuisiné son mets favori. Les enfants ont terminé leurs devoirs et jouent calmement au sous-sol.
Je monte enfiler ma robe rouge, sa préférée. J'ai envie qu'il me trouve belle de nouveau. Vite, je dépose une goutte de parfum sur mon cou, dans l'espoir d'attirer ces lèvres. Le carillon de la porte sonne, pourquoi?
Ma belle-mère entre, n'affichant pas son sourire hypocrite habituel. Tentant de m'annoncer que j'allais vivre la plus belle soirée de ma vie, elle s'empresse de préparer une petite valise à chaque enfant. Devant mon air inquiet, elle me confie que mon Jules, son fiston, lui a demandé de prendre les petits pour la nuit, histoire de vivre une seconde lune de miel pour quelques heures. Ma tête tourne, trop d'information ne collant pas à notre réalité. Mon Jules apparaît, fleurs à la main. Belle-maman disparait, me laissant deux gros câlins en digne d'au revoir des mes zamours. Ça sent le brulé.
Le détecteur de fumée retentit, la baguette française n'a pas toléré le rythme des événements. Mon Jules laisse tomber les fleurs. J'enlame le couteau électrique pour m'attaquer à la pièce de viande qui me semble juste saignante à point, comme mon Jules la préfère. Mon Jules critique la disposition des assiettes. Il n'aime pas notre vaisselle, cadeau de noce de mon père. Je tente de conserver mon sourire dans l'anticipation du moment suivant. Il me raconte qu'il en a marre de son travail, tout en s'ouvrant une froide. Il regarde son image dans l'assiette près de moi, s'y admire. Je l'admire aussi, je veux lui dire mais les mots sortent un peu cahin-caha. Il me sourit en quoi, échappant son mirroir par mégarde. Je me précipite à regrouper toutes ces pièces coupante. Il entame le travail de l'homme et manie le couteau électrique avec une dextérité digne d'un mâle. Son sourire me rappelle ses retours de la chasse, lorsqu'il dépèce la biche qu'il nous rapporte avec fierté.
N'étant plus très attentive à ma tâche, mon sang couvre maintenant la paume de ma main droite. Il me regarde, ses lèvres s'activent, me corrigent mais déjà mes oreilles bourdonnent. Ce n'est rien lui criais-je. Il fallait que le sang cesse de me couvrir, il ne le tolère pas. Je me relève, lui me tendant la main. Sous l'effet de peur, mon parfum exécute son magnétisme. Son regard s'enflamme devant moi. Je vois mes enfants, j'entend leurs cris m'appeler. Je tente de répondre à leur signal mais mon cou me brûle, aucun son ne se fait entendre sauf celui de mon corps s'écroulant à ses pieds, pour une dernière fois.
vendredi, août 25, 2006
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10 commentaires:
WOW Julie.... jusqu`tard dna sle texte j'y ai cru, mais je me suis souvenue du thème du mois....
Bravo!
Je suis fauché !!!! ;)
Faque quoi, t'Es morte ? :P
Wow, je suis impressionnée.. j'adore !!
Excellent!
Je me suis laissée surprendre par ton talent de narratrice...Un instant , j'ai cru que c'était la réalité.
Donc, j'associe ma voix aux amis: Excellent
j'aime beaucoup
Vraiment hot comme post!
Merci à tous et toutes pour vos gentils mots!
Num, sans un sou.. mais en vie!
Seb, ben oui, je suis morte et j'hante la blogosphère ainsi que notre système d'imposition!
Et bienvenue dans mon monde Sara, Di et Mijestam!
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